Edito de l’ISA du 27/01/2010 : Notre passé est dans le futur

TAHERUKA SHABAZZ

TAHERUKA SHABAZZ

Dans notre dernier édito, nous disions qu’il y avait un temps pour la mobilisation et un autre temps pour l’analyse, la projection. Vu l’urgence de la situation, ce temps là est venu.
Les évènements dramatiques d’Haïti ont été pour nous tous des sources d’intenses réflexions. Ainsi nous sommes nous interrogés sur l’impuissance de la Diaspora africaine de France, clouée au sol par une désorganisation patente, malgré quelques réactions ici et là pour collecter fonds et produits de premières nécessités. Réactions que nous saluons et appuyons.

Nous avons également pointé du doigt l’incapacité des politiques haïtiennes à anticiper, puis prendre en main la gestion de la situation.

Nous avons assisté impuissants à l’ingérence des puissances étrangères (USA, Israël, France, Canada, ONU, UE, etc.) dans les affaires haïtiennes (vols d’organes, kidnapping d’enfants, colonisation militaire, instrumentalisation médiatique, appareils à impulsions sismiques, etc.).

Nous sommes tous tombés d’accord, pour une fois, sur le constat et sur le remède. Ainsi, ici et là, avons-nous entendu, dans la Diaspora que l’organisation était la seule et unique solution.
Une organisation solide, moteur de la renaissance africaine (continentale et diasporique). Or voilà, même là, le serpent malicieux ne manque pas de nous inoculer son venin. Il ne manque pas de souffler ici et là des paroles qui divisent. Ainsi, entend-t-on dans nos rangs qu’il nous faut nous éloigner de la Chine « impérialiste » pour lui préférer les puissances ouvertement impérialistes (USA, Grande-Bretagne, France, Pays-Bas, etc.…).

Sauf que ce couplet, on l’a déjà chanté à nos grands-parents il y a un peu plus de 60 ans de cela. Alors qu’ils étaient dans la fleur de l’âge, jeunes pleins de vigueur, prêts à secouer le joug colonialiste, le serpent malicieux est venu susurrer à leurs oreilles que le vrai combat était la lutte contre le nazisme (qui n’avait d’impact que sur l’Europe, rappelons-le, Frantz Fanon en sait quelque chose). Ainsi des hordes de tirailleurs africains (du continent et de la diaspora) se sont enrôlés ou ont été enrôlés de force dans les armées européennes, dans les armées des « alliés » pour combattre le méchant Hitler.

Résultat des courses, les Européens furent débarrassés de la menace nazie mais les peuples basanés eurent droit aux massacres de Sétif en 1945, de Thiaroye en 1945, de Haiphong en 1946, de Madagascar en 1947, de Pointe-à-Pitre mai 1967…sans compter le largage de napalm sur les populations civiles Bamilékés, etc.

Nos grands-parents ont servi de chair à canon pour les impérialistes occidentaux, et une fois le « sale boulot » effectué, ces malheureux tirailleurs ont eu droit à la pire des tortures.
Aussi n’allons-nous pas reproduire la même erreur que nos aînés, aussi n’allons-nous pas jeter la pierre à la Chine, faire la guerre à la Chine pour le compte des colons en chef. Oui la Chine a des vues sur les richesses africaines, mais il ne n’appartient qu’à nous de faire en sorte que ce rapport soit profitable à nos deux nations.

Pour l’heure se sont les Occidentaux qui ont des bases militaires en Afrique pas la Chine. Pour l’heure la Chine ne dispose pas encore d’une classe moyenne dont les besoins nécessiteraient l’expropriation des richesses africaines. Car il est clair que le jour où la Chine sera pourvu d’une classe moyenne, elle négociera les matières premières africaines avec des armes ; et se comportera en impérialiste, comme tous les pays prédateurs occidentaux.

Mais en attendant, renforçons-nous, utilisons leur partenariat pour nous sortir de la mouise. Comme le fait le Nigeria qui a signé un partenariat avec la Chine en matière de technologie spatiale. Ce qui lui a parmi d’envoyer dans l’espace deux satellites dans l’espace (2003, 2010). Tout comme l’Algérie (2002, 2010) ou l’Afrique du Sud (1999) suivis très prochainement par la Tunisie et le Kenya, si Dieu veut.
Deux options se présentent à nous, Diaspora africaine :

  1. soit continuer à conspuer les dirigeants africains pour leur incompétence, leur corruption, etc.
  2. soit prendre en considération cette situation telle qu’elle est et travailler à changer les choses réellement.

Pour notre part à l’Institut Shabazz d’Afrothérapie (ISA), le choix est vite fait. Peu importe, que certains rechignent à se salir les mains avec des corrompus, des aliénés, des traitres ou je ne sais quoi d’autre. Peu importe que certains préfèreraient composer uniquement avec des africains chrétiens, musulmans, traditionalistes ou athées. Peu importe que certains préfèreraient expulser les Arabes ou les exclure du futur Etat fédéral.

Il y a un mois et demi de cela, à Alger quatre (4) pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Nigéria, Kenya) signaient, en marge de la 3ème conférence africaine sur les Sciences et Technologies Spatiales au service du Développement Durable (ALC-2009), un accord de partenariat dans la mise en place d’un programme de conquête spatiale. C’est sûr ce n’est pas la NASA ni l’Agence Spatiale Européenne. Mais c’est déjà un bon début.

Il y a un mois de cela, la minuscule Corée du Sud soufflait à la France (pionnière dans l’industrie du nucléaire) un gigantesque contrat 40 milliards de dollars pour la construction de centrales nucléaires civiles à l’intention des Emirats Arabes Unis. Cela a été possible, car dès les années 1958, ce minuscule pays avait fait le choix du nucléaire civil pour ses besoins énergétiques. Et petit à petit, ces Sud-Coréens se sont améliorés jusqu’à se hisser au 6ème rang mondial.

L’Afrique avec tous ses chercheurs et ingénieurs dispersés dans tout le monde peut se lancer dans autre chose que dans « l’industrie des aides au développement ».
A l’heure où nous écrivons ces quelques mots, l’Institut des Etudes de Sécurité (IES), qui a poussé les pays africains à se tirer une balle dans le pied en signant le traité de Pelindaba, promeut déjà une gouvernance mondiale en commençant par Haïti (http://www.iss.europa.eu/nc/actualites/analysisbooks/news/back/article/the-future-of-haiti-not-simply-a-matter-of-money/ ).

Mais la diaspora africaine de France, pour ne pas dire d’Europe ne fait que tomber dans le piège de la désorganisation.

Il nous faut nous lancer, en lobby puissant pour tenir à l’écart les prédateurs et pour relever le niveau de conscience, social, économique, politique, culturel et spirituel du peuple.
Très chère famille, je vous le dis sans arrogance, faire pression aussi bien sur nos adversaires que sur nos partenaires, est quelque chose de très facile. Je le sais par expérience. Je le sais, car j’ai vu le respect qui émanait des yeux de politiciens et diplomates africains progressistes, comme j’ai vu la réaction hystérique des autorités impérialistes à mon égard quand ils ont réalisé que j’étais prêt à me salir les mains pour élever mon peuple.

Aussi, c’est là l’occasion pour toutes celles et tous ceux qui veulent agir, qui veulent participer de façon efficiente à la relève du peuple de me contacter. Et ce quelque soit vos compétences, vos expériences, votre obédience.

L’ISA mise sur quatre (4) voies pour la relève du peuple : la réforme sociale, l’alternative de l’économie physique, le choix de l’énergie nucléaire et la conquête spatiale.
Très chère famille, je vous garantis que si nous nous mettons en ordre de bataille réelle, nous mesurerons très rapidement les résultats de cet engagement. Il n’appartient qu’à chacun d’entre nous de faire son choix.

TAHERUKA SHABAZZDirecteur de l’ISA